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Une réflexion toute personnelle sur le secteur du transport

Publié le par Parti de Gauche sur la 6ème circonscription de l'Essonne

Membre du BN du Parti de Gauche dans la commission transports et au Front des luttes, je vous présente aujourd'hui une réflexion que j'ai adressé à Laurence PACHE, Secrétaire Nationale à l'aménagement du territoire.

Bonne lecture à vous.

Le texte d'orientation, Laurence, que tu nous proposes, permet un large débat. Il porte un éclairage sur la manière que nous aurons de conduire une politique éco socialiste en ce domaine.

Dans éco socialisme nous avons le mot socialisme. Or le bilan social que nous pouvons faire dans le secteur du transport est catastrophique. Que ce soit dans le secteur de l'aviation, de la marine ou encore routier, l'esprit low cost est devenu une règle générale d'entreprise. Les directives européennes, notamment celle de Bolkestein, ont notamment permis l'éclosion de ce système dans toute l'Europe, au point d’en être elle-même victime (concurrence avec la Chine) et de se demander s'il ne faudrait pas encadrer un peu mieux cette directive dite d'encadrement –sic-.

À vouloir maintenir à tout prix un taux de productivité sans pour autant penser à une politique d'investissement, des drames comme ceux qui ont eu lieu cet été deviennent inévitables.

Image extraite du site politis

Image extraite du site politis

La catastrophe ferroviaire de Brétigny du 12 juillet 2013 à fait souligner par le Préfet de l'Essonne la vétusté des installations. En cause plus particulièrement, une TJD (traversée jonction double, donc un croisement) de 29 ans qui aurait dû être remplacée, sachant que ce type de pièces ont une durée de vie de 25 ans.

La catastrophe de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, où l'enquête se dirige vers un manquement évident au niveau de la signalisation, a démontré le manque d'investissement, mettant en danger autant la vie des usagers que des salariés. Notons que dans cette région de Galice, un baron du parti PP a entrepris la construction d'un méga centre culturel (quasi vide), dont coût de fonctionnement annuel est estimé à plus de 4,5 millions d’euros. Ce baron voulait égaler la Bibliothèque nationale de France…

Au moment où l'interpénétration des réseaux est envisagée, encouragée par l'Europe dans le cadre du dernier paquet ferroviaire, il serait utile d'investir l'argent public dans l'intérêt et la sécurité du plus grand nombre à savoir les usagers et les salariés, donc dans l’entretien et la rénovation des infrastructures et des machines.

Une réflexion toute personnelle sur le secteur du transport

Chez Air France, le patron du groupe, Alexandre De Jugnac, envisage dans le cadre d'une réforme nommée « transform 2015» le dégraissage de l'entreprise. Aux 5122 départs volontaires prévus par le plan, il rajouterait 3000 départs supplémentaires rien que pour l'année 2014. L'objectif affiché par la direction est de ramener la dette de 6,5 milliards d'euros en 2012 à 4,5 milliards en 2014. En conséquence, l'entreprise envisage de délocaliser l'entretien de ces avions (A 320) au Maroc, les gros-porteurs basés à Orly effectueraient le grand entretien en Chine.

Dans le même temps, des compagnies low cost, comme Ryanair reçoivent d'importantes compensations financières pour poser leurs avions sur des pistes dites secondaires. En France, ces subventions régionales peuvent se monter à 35 millions d'euros (750 au niveau de l'Europe). À ce régime, le low cost en France comme en Europe est une aubaine pour le moins-disant social.

Ryanair à la réputation de faiseur de miracle pour les régions (essor économique). Sans ces soutiens, elle afficherait des pertes de plusieurs centaines de millions d’euros. Mickael O’Leary patron de cette entreprise, ne se donne aucune limite pour rendre son entreprise prospère. Il ambitionne par exemple d'attaquer des compagnies concurrentes en Espagne en Italie au Portugal et en France sur les courts et moyen-courriers. C'est l'homme qui réfléchissait à la possibilité de faire voler ses avions court courrier en laissant les voyageurs debout ou de leur faire payer les toilettes (time is money).

Devant la place et la taille, sur un plan économique que prend le phénomène Low Cost dans tous les secteurs de transport, une large réflexion doit être menée. Le choix d'être transporté à moindre coût peut subsister uniquement si la sécurité des usagers et des salariés n'est pas engagée. Les seules autorités agissant au niveau de l'Europe ne le font que dans le cadre d'une concurrence dite « libre et non faussée ».

Cette concurrence est faussée quand elle engendre et fait perdurer un dumping social. L'esclavage est rétabli dans le monde du travail.

Une réflexion toute personnelle sur le secteur du transport

Chaque secteur du transport évolue dans des dimensions qui lui sont propres (Terre, Air, Mer) et par le fait, une multimodalité apparaît comme essentielle. Seule la route permet de rejoindre et de lier tous les points de transport existants (Gare ferroviaire, ports, aéroports).

Notre réseau routier est excellent. Il le doit à la bienveillance d’un service d’état. Cette manne publique a permis la naissance et l’effervescence de toutes les activités de transport qui assurent le lien social et économique de notre nation.

Dans un contexte où le capitalisme financiarisé dicte sa loi, après avoir privatisé les autoroutes et l'aviation, ce sont les rails et la marine qui échappent à la force publique. Le temps, c'est de l'argent ! Alors tout semble avoir été réfléchi pour que l'argent mette le transport au service des financiers bien plus qu’au service du peuple.

Comment inverser cette tendance ? Le document d'orientation que nous propose Laurence permet d'engager le débat et d'alimenter la réflexion éco socialiste.

Amicalement, Philippe Juraver

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