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La casse du Code du Travail, c'est maintenant

Publié le par Parti de Gauche sur la 6ème circonscription de l'Essonne

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas Philippe qui prend la plume pour parler de la défense des droits des salariés mais bel et bien votre serviteur. Et j'avoue ne pas être le plus à l'aise pour cet exercice. Je ne suis pas aguerri à la lecture des Codes et j'ai une facilité pour m'embrouiller sur les droits existants. Pourtant, lorsque j'ai lu les grandes lignes de l'accord sur la sécurisation de l'emploi, mon sang de militant s'est encore plus fortement rougi qu'à l'habitude en faisant son tour. Et je ne me voyais pas ne pas réagir face à ça, avec mes tripes et mes convictions, toutes personnelles qu'elles soient

La casse du Code du Travail, c'est maintenant

e ne vais pas vous ressortir l'accord dans le détails, vous avez déjà dû le lire ou lire des articles sur le sujet. Je vais juste insister sur quelques points fondamentaux.

Avec la complaisance de la CFDT, le MEDEF a réussi un joli coup. Preuve en est l'insistance de Mme PARISOT à ce que cet accord soit rapidement ratifié en l'état par le Parlement. Après avoir reçu la visite d'une bonne partie du gouvernement à leurs congrès puis découvrir sous le sapin avant Noël un cadeau de 20 milliards d'Euros payés par les consommateurs, donc par vous et moi, les représentants des grands patrons auraient eu tort de se gêner hein ? Alors, pendant que le vent souffle dans leur sens, ils sont arrivés aux négociations sur la sécurisation de l'emploi avec de jolies propositions. Et repartent avec un nouveau cadeau de 40 millions d'Euros. Vous voyez quand je vous parlais d'un joli coup.

Mais comment est-ce possible ? Par la négociation pardi ! Le MEDEF a accepté une « augmentation significative » (dixit la CFDT) de la taxation des contrats courts (dépense pour le patronat 110 millions d'Euros) en contrepartie d'un allègement de charges sur les CDI pour les moins de 26 ans (allègement de 150 millions d'Euros). Même moi, qui suis une buse en calcul mental, j'arrive à me rendre compte que la balance n'est pas en faveur de l'UNEDIC, organisme à qui l'on paye les charges. Alors oui, c'est une mesure favorable à l'emploi des jeunes, mais qui va la payer, hein ? Si ce n'est pas le patronat, ça sera ? Ça sera ? Oui, bravo, ça va nous retomber sur le coin de la figure, à tous les coups !

Mais bien qu'emblématique, ce n'est pas tout. De ce que je lis ça et là, le MEDEF, au motif de la crise, obtient plus de flexibilité du travail, plus de précarité et plus de liberté de licencier, par des mécanismes que je ne maitrise pas, donc que je ne commenterai pas plus que ça. Sur ces mécanismes, je ne peux que vous conseiller de vous intéresser à la stratégie du choc expliquée par Naomi Klein.

La casse du Code du Travail, c'est maintenant

Par contre, j'ai un avis assez tranché sur la question de la couverture santé. C'est une bonne chose que l'assurance santé des salariés, qui reste un enjeux stratégique tout de même, s'améliore. Un employé en bonne santé, c'est un employé qui a moins d'absence pour maladie, c'est donc plus rentable pour l'entreprise, ça vaut bien le coup d'y consacrer quelques subsides. Et d'une manière générale, la santé fait partie des besoins essentiels humains, travailler à son amélioration ne peut être que positif, surtout quand on voit le nombre de personnes qui reculent voir abandonnent l'idée de certains soins ou préventions au motif du coût.

Ce qui me chagrine, en plus que le salarié doive assumer la moitié de la cotisation à un organisme qui lui sera quasi imposé, c'est que cette couverture soit reléguée au secteur privé. Surtout quand on sait que les « mutuelles » sont principalement des émanations de banques ou d'assurances qui sont jouent un rôle majeur dans le capitalisme financier tel qu'il existe aujourd'hui. Cette obligation de couverture est donc un autre joli cadeau fait aux grands groupes alors que notre Sécurité Sociale, est en peine. Je suis peut être naïf, mais je le dis quand même, alors que les capitaux amenés par cette décision auraient pu servir à la solidarité nationale, ils vont aller grossir des portefeuilles et des fonds de pension, et ça, sur le dos du salarié, ce qui me donne envie de vomir.

La casse du Code du Travail, c'est maintenant

Mais maintenant, on fait quoi, me direz vous ? Et bien on lutte ! Parce que, je l'ai dit plus haut, cet accord doit passer devant nos représentants que nous avons élu et parce que je ne suis pas certain que la majorité « PS » fasse beaucoup d'amendements avant que ça ne devienne une loi. Comment on lutte ? Simple : les deux syndicats qui n'ont pas signé l'accord étaient en infériorité numérique à ce moment là mais représentent clairement la majorité des salariés. Répondons favorablement à leurs appels à se mobiliser, montrons aux représentants du peuple que le peuple n'est pas d'accord, soyons solidaires entre nous pour ne pas perdre nos droits ! Ne privilégions pas la financiarisation et plaçons cette fois encore au centre de nos préoccupations, l'Humain d'abord !

Pierre DUPUIS

Co-animateur du blog Combat Ordinaire.

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