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Bricorama : les raisons de la colère

Publié le par Parti de Gauche sur la 6ème circonscription de l'Essonne

Quelle ne fut pas ma surprise, en rentrant dans un magasin de l’enseigne BRICORAMA, de me voir proposer par un salarié une pétition enjoignant d’exprimer un soutien pour le travail dominical.

La loi Maillé, adoptée le 10 aout 2009 prévoit l’extension du travail dominical dans les zones urbaines de plus d’un millions d’habitants, aussi appelées PUCE (Périmètre d'Usage de Consommation Exceptionnelle), et dans les zones touristiques avec accord du Préfet. Ce travail dominical ne peut se faire que sur la base du volontariat. Le travailleur bénéficie d’une majoration de salaire d’au minimum 20 % et pouvant aller jusqu’au double du salaire initial, selon les accords collectifs du secteur.

En dehors de cette loi, les enseignes peuvent demander une autorisation préfectorale d’ouverture jusque 5 dimanches par an.

Bricorama : les raisons de la colère

Les organisations syndicales, dont Force Ouvrière (FO) ont décidé de mettre une fin à un détournement de la loi et à une utilisation illégale des salariés de BRICORAMA. En effet, l’entreprise n’a pas demandé à intégrer les zones PUCE mais a pourtant ouvert ses magasins le dimanche. En janvier 2012, la justice a condamné l’enseigne à respecter le repos dominical, sous peine d’une amende de 30.000€ par établissement et par dimanche. La direction a cependant maintenu ses ouvertures, dans l’attente de la décision de la cour d’appel, ce qu’elle justifie en expliquant que cette journée supplémentaire représente 15 % de son chiffre d'affaire. FO dénonce en outre un manque de reconnaissance pour les 2134 salariés qui font vivre cette entreprise.

Les enseignes commerciales, nous le savons, proposent une multiplication de petits emplois précaires et largement féminisés. De plus BRICORAMA mettrait une pression à l’embauche sur la qualité de volontaire pour le travail dominical. Ces marques, sous couvert de satisfaire un besoin consumériste effréné et de proposer un revenu supplémentaire à certains salariés, mettent en concurrence les travailleurs entre eux.

C’est là tout le problème du « travailler plus pour gagner plus » : le MEDEF et la CGPME, qui n’ont pas caché leur enthousiasme devant le rapport GALLOIS et les déclarations de notre Premier Ministre, mettent la pression pour affaiblir le Code du Travail. En précarisant et en divisant leurs salariés, dont certains n’ont plus d’autre choix que d’accepter des contrats de travail tarabiscotés pour assurer leur survie, les grands groupes contribuent à cet affaiblissement pour s’engraisser toujours plus.

Bricorama : les raisons de la colère

Le sénateur socialiste Daniel RAOULT reconnait dans les colonnes du journal le Parisien « qu’il faut revenir sur cette loi Maillé ». Le programme du Front de Gauche aux élections présidentielles, l’Humain d’abord, va plus loin en proposant la suppression de cette loi. Aucun accord d’entreprise ne pourra être moins favorable au travailleur qu’un accord de branche ou que le droit commun. Il nous faut également renforcer les pouvoirs du citoyen là où il travaille en reconnaissant la citoyenneté d’entreprise par la VIème République.

En s’attaquant tel des marteaux pilons à ce qu’ils appellent le coût du travail et avec leur pacte de compétitivité, les adeptes de l’ultralibéralisme continuent de vouloir s’enrichir sur le dos des salariés. La loi Maillé contribue à ce processus destructeur. C’est là tout l’enjeu du travail dominical !

Pour le Front des luttes, Philippe JURAVER

Edition du 12/11/12 à 14h10

Nous avons reçu le message suivant que nous vous faisons suivre :

Le jeudi 15, à l'appel du Clic-P (intersyndicale parisienne du commerce qui regroupe CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC et SUD), les salariés du commerce parisiens manifesteront à partir de 11h00 en partant des grands magasins contre le travail nocturne, les dimanches, les jours fériés, contre le temps partiel imposé et les bas salaires.
Fraternellement,  Karl Ghazi

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